Pour prendre le pouls de la ville, il suffit parfois de lever les yeux et, à travers ses bâtiments, saisir l’air du temps. A Rabat, où s’entremêlent architectures moderne et patrimoniale, des fresques murales, souvent monumentales, exaltent depuis quatre ans le paysage urbain. C’est en tout cas le rôle que s’efforce d’assurer le festival Jidar, Toiles de Rue. A travers sa promotion des cultures urbaines par le biais du Street art, ce sont plusieurs frontières que l’événement aspire à déconstruire. L’art n’est plus confiné aux musées et aux galeries : il s’expose et descend dans la rue, s’adresse à tous et se pratique aux yeux de tous. Les murs de briques, de parpaing ou de béton ne sont plus uniquement des séparations : ils deviennent les pages d’une ville en métamorphose, des canevas qui portent fièrement l’inspiration des artistes qui les illustrent.

Du 16 au 22 avril, Rabat redevient un lieu de création à ciel ouvert. Pour cette 4 ème édition, ce sont des artistes venus d’Espagne, du Japon, du Mexique, de Pologne, de Grèce, du Maroc ou encore du Pérou qui offriront des passerelles entre espace urbain et pratiques artistiques. A travers des œuvres in situ, destinées au public en général et aux habitants des quartiers qui les accueillent en particulier, Jidar s’invite dans la fabrique de la ville et participe à forger l’imaginaire collectif.

Si la dimension de performance est représentée grâce aux dix fresques murales qui seront réalisées par des artistes nationaux et internationaux de renom, la mission de Jidar est également à la transmission : trois jours durant, trois des Street artistes invités iront à la rencontre des étudiants de l’ENA, pour échanger et faire tomber les murs entre architecture et arts urbains. Un atelier pratique de fabrication de totems, suivi d’un parcours dans la ville, leur sera également proposé. Les artistes en herbe et étudiants en arts plastiques ne seront pas en reste, puisque huit d’entre eux seront sélectionnés pour une initiation au muralisme, à travers la réalisation d’un mur collectif sous la houlette de l’artiste mexicain Dherzu Uzala. Enfin, cette édition compte bien tordre le cou aux clichés : non, le Street art n’est pas la chasse gardée des hommes, comme en témoignent le talent et la maestria des artistes programmées.

Rendez-vous donc du 16 au 22 avril pour donner des couleurs aux murs de la Ville Lumière, et engager une plus large réflexion sur les arts urbains à l’épreuve du territoire.


L’ASSOCIATION EAC- L’BOULVART

EAC-L’Boulvart (Education artistique et culturelle) est une association à but non lucratif qui milite pour la promotion et le développement des musiques actuelles et de la culture urbaine au Maroc. Elle organise depuis 1999 des activités autour de la découverte et de l’accompagnement de la jeune sce`ne alternative par l’organisation de concerts, formations, ateliers, rencontres et festivals (L’Boulevard, Le Tremplin, le BoulevarDoc…).
En 2010, l’association a ouvert le Boultek, premier centre de musiques actuelles au Maroc. L’association est également éditrice de L’Kounache, magazine conscacré à la création urbaine et alternative, toutes disciplines confondues.